Pourquoi l’éducation est elle liée aux émotions?

Pourquoi l’éducation est-elle si porteuse d’émotions chez les parents? Et si nos émotions étaient là pour nous guider dans nos choix éducatifs? Comment les interpréter et comment comprendre celles de notre enfant?

Quand les émotions nous guident

Face à l’émotion : un retour à nos instincts

Pour être compréhensible dès le départ : qu’estc ce qu’une émotion ? L’émotion est une réaction instinctive et irrépressible face à un évènement extérieur. Elle peut être négative ou positive, ceci dit, ce sont souvent les émotions négatives qui posent question…

Peur, Joie, dégout, tristesse colère, et surprise sont les 6 « émotions de base », car elles sont la base de toutes les autres émotions. La peur et la surprise par exemple donneront la crainte…

Pourtant ce qui nous alerte dans l’émotion ce n’est pas l’émotion elle-même mais la réaction physique qu’elle déclenche ! Ainsi, lorsque notre corps tremble et que notre cœur palpite, nous sommes prêt à partir nous mettre à l’abri face au danger qui a surgi…et nous dirons par la suite que nous avons eu peur…une fois bien à l’abri. L’instinct a alors pris le dessus pour nous sauver…avant de nous reconnecter à la « raison » pour réfléchir à ce qu’il s’est passé !

L’émotion chez l’enfant

éducation et émotions enfant

Que fait l’enfant dans un tel cas ? Vu qu’il est totalement instinctif dans ses premières années, il aura lui aussi ces réactions de survie…bien que les dangers ne soient pas forcément les mêmes que pour l’adulte. Autant il ne réagira pas face à un camion qui arrive devant lui, autant il partira en courant devant un visage inconnu ! Ce qui, effectivement complique un peu notre tâche pour le protéger.

Mais si nous , nous pouvons une fois à l’abri nous dire que nous avons eu peur, le jeune enfant lui n’a pas encore de vocabulaire des émotions et son cerveau est trop immature pour lui permettre d’analyser le danger. Quand il bascule dans une forte émotion face à un événement ou une figure extérieure, il ressent beaucoup de bouleversements physiques sans comprendre ce qui lui arrive, et cela est bien sûr très anxiogène pour lui, amenant ainsi de plus en plus d’émotions qui deviennent vite incontrôlables !

Le cerveau lorsqu’il est immature n’a pas encore la capacité de relier le système limbique et le néocortex. Cela se fera petit à petit jusqu’à « l’âge de raison » vers 6 ans. En attendant, la partie raisonnement du cerveau ne fonctionne pas lorsqu’il est sous une forte émotion. Ce qui signifie concrètement que vous ne pourrez pas le raisonner lorsqu’il est en crise ! Il va falloir attendre qu’il se ressaisisse pour qu’il puisse traduire vos paroles !

En éducation, cela se traduit par beaucoup de frustration de part et d’autre :

  1. nous rassurons (ou grondons 😉) l’enfant qui fait une crise suite à une forte émotion (peur, tristesse, dégout, etc..)

  2. notre enfant continue sa crise comme si nous ne faisions rien, (ou crie plus fort car l’émotion augmente avec notre intervention) ,

  3. ce qui amène un sentiment de frustration ou de découragement chez nous … et bien sûr une remise en question de notre capacité de parent.

L’émotion chez l’adulte

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En partant du principe que l’émotions est instinctive, il devient alors intéressant de comprendre pourquoi l’enfant ou nous-mêmes réagissons comme cela.

L’enfant a-t-il réellement de quoi avoir peur ? ou sa peur est-elle due à une insécurité plus intérieure Est-ce que nous même réagissons de façon proportionnelle à la situation ou notre colère est exacerbée par une émotion due à un vécu antérieur ?

Pas facile de répondre seul à ces question !

Sans entrer dans une analyse psychanalytique, il est indispensable d’observer le contexte de la situation pour mieux la comprendre. Et gardons en tête un des principes phare de la Communication Non Violente : la colère n’est jamais déclenchée par un acte ou une parole de l’autre, mais par l’émotion qu’elle suscite…à nous de découvrir laquelle.

Quelle place pour l’instinct dans l’éducation ?

Une éducation très intellectualisée

Contrairement à l’émotion qui est donc instinctive, l’éducation l’est de moins en moins depuis ces dernières années. Internet et nombre de lecture disent quoi faire, comment faire et soutiennent des phénomènes de mode et des jugements contradictoires sur la manière de faire des uns et des autres.

L’éducation est donc très réfléchie et analysée. Elle est même souvent choisie avant arrivée du bébé au sein du couple ! Un bébé idéal avec une éducation idéale.

Cependant, soyons réaliste, tout se complique quand on entre dans le monde réel et que l’on arrive chez soi avec bébé dans le couffin. Nous sommes désormais parent en charge d’une lourde responsabilité.

A peine savons nous le changer que l’entourage nous noie déjà de conseils et de jugements sur tout ce que nous faisons :

  1. « Il faut le laisser pleurer ! / Quoi ? tu le laisses pleurer ? »

  2. « Attention à ne pas trop le nourrir, tu ne veux pas en faire un obèse ? / Ne le laisse pas mourir de faim ce petit, il faut le nourrir à la demande ! »

  3. « Il doit dormir dans son lit ! / Il doit dormir avec ses parents ! »

Bref… comment s’y retrouver dans tout ça?

Quel modèle éducatif choisir?

modèle éducation

Aucun! ou plutôt si…le vôtre. Fait sur mesure par rapport à vos émotions (qui reflètent vos valeurs propres).

Les émotions se multiplient face à nos conflits intérieurs et nous sommes souvent trop dépassés ou trop fatigués pour arriver à les comprendre. Comme l’enfant dans ses premières années, notre corps nous alertent, mais nous ne savons plus comment l’interpréter !

Tristesse, colère, dégout, sont pourtant des messages clairs pour nous guider dans nos instincts de parents : c’est lorsque nous sommes découragés, frustrés ou en perte d’estime de soi que de nombreux sentiments surviennent. Plus le modèle éducatif que l’on choisit est éloigné de nos instincts, plus le corps réagit et nous alerte sur cette différence…

Rassurez-vous, être parent se construit tout au long de sa vie ( et oui, même adulte ils restent nos enfants !), mais il faut savoir s’écouter se faire confiance. Cela ne signifie pas qu’il faut tout affronter seul mais bien de faire la part des choses dans ce que l’on lit et entend en fonction de ce que l’on ressent. d’aller vers l’aide qui nous convient le mieux

L’accompagnement à la parentalité vous aide pour cela, en vous aidant à vous écouter face à différents sujets abordés autour de l’enfant et de situations que vous avez traversées (mais je l’avoue, je ne suis pas très neutre sur le sujet 😉).

De nombreuses pédagogies prônent le bien-être de l’enfant en priorité et elles ont raison. Mais n’oubliez pas que si vous n’êtes pas bien, l’enfant ne le sera pas non plus…

Si je devais résumer cette article en deux phrases, je dirais :

  1. Ecoutez vous pour mieux écouter votre enfant …

  2. Et faites-vous confiance !

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