Quel rôle a l’adulte dans le jeu de l’enfant ?

L’enfant apprend par le jeu. En son début de vie chacun de ses gestes est tourné vers l’apprentissage. Là où jouer nous semble parfois une perte de temps, l’enfant développe son cerveau, connecte ses neurones et découvre des milliers de choses jour après jour.

Mais pour jouer encore faut-il avoir de quoi jouer…. et je ne parle par de jeux, l’enfant peut jouer avec tout. Je parle de temps, de sécurité et d’attention! Comment lui offrir tout cela dans le monde ultra-consommateur et zappeur d’aujourd’hui?

L’enfant apprend dans chacun de ses gestes

apprendre en jouant

Dès sa naissance,

L’enfant est curieux de tout. Il a un besoin immense de toucher, de voir, de sentir et ressentir, d’écouter et de goûter.

Ses mouvements et leur conséquence sur les objets (bruit, chute, etc.) le renseigne sur son environnement direct. Il est concentré de toute ses forces sur les apprentissages moteurs et sensoriels.

Dans sa première année, son but prioritaire est de se déplacer sans aide. Il y met toute son énergie et sa volonté.

Quand l’enfant sait marcher,

Son univers s’agrandit, confiant dans votre capacité à le protéger de tout, , il part alors explorer plus loin, plus haut et commence à s’intéresser à la motricité plus fine. Les transvasements, les constructions, les jeux d’imitations l’entraîneront sur les gestes classiques du quotidien.

Après 2 ans et demi,

Il est prêt à s’intéresser à des jeux coopératifs. Le jeux de balles à plusieurs ou les jeux de plateau tel que le verger ou le pirate commenceront à l’intéresser. Il apprend à attendre son tour pour jouer, à compléter les actions des autres…

Des pédagogies unanimes

Jean Piaget, Maria Montessori , Célestin Freinet et plus récemment Laurence Rameau, toutes ces pédagogies font confiance à l’enfant pour développer lui-même ses apprentissages. A son rythme. Selon ses besoins et son intérêt du moment.

Bref, l’enfant apprend en jouant et en explorant. Encore faut-il un environnement qui lui offre des possibilités d’exploration enrichissante. Là est le rôle de l’adulte : lui fournir un terrain adéquat à ses différentes phases d’apprentissages.

Comment l’adulte peut il contribuer à ces apprentissages ?

environnement propice au jeu

Un soutien bienveillant,

Des encouragement dans ses actes d’enfants et la sécurisation de l’environnement lui seront nécessaires pour développer sa confiance en lui et partir de plus en plus loin à l’aventure. Les regards et le langage deviennent les outils de soutien de l’enfant.

En respectant son ennui.

L’ennui développe l’imaginaire et l’autonomie du jeu. Il n’est pas rare de voir un enfant qui ne sait pas quoi faire se découvrir une envie d’un coup et y passer tout son temps par la suite. Cette autonomie dans les activités est précieuse. Plus l’adulte propose, moins l’enfant a d’idée.

Le laisser dans son ennui ne veut bien sûr pas dire l’ignorer. Là aussi, l’encourager par le regard et par la parole. Lorsqu’il démarre un activité, s’intéresser à ce qu’il fait l’aidera à prendre confiance en lui dans ses choix et à multiplier les propositions.

En respectant ses phases d’apprentissage

En respectant ses phases d’apprentissages et ses envies, il se concentre plus longtemps. Apprendre demande de l’énergie. Il ne peut pas se concentrer sur tout en même temps!

Ainsi, il voudra peut être se concentrer sur le langage avant de faire des traces au crayon ou de créer de superbes tour de lego. Il vous demandera alors de relire 100 fois la même histoire et saura vous tenir de superbes phrases au vocabulaire riche alors qu’il n’arrivera pas construire une tour…. Jusqu’à ce qu’il démarre cette phase créative !

D’ailleurs, un enfant pourra essayer de faire la même activité toute la semaine (voir plusieurs semaines) : un puzzle, sauter, manger seul etc.. …Seule l’activité qu’il a choisie l’intéressera alors.

L’adulte qui lui propose des activités choisies au hasard le trouvera alors « zappeur ». Et effectivement, il sortira de l’activité après quelques minutes et retournera à ce qu’il souhaite acquérir au risque de se faire gronder.

Un atelier peinture deviendra une occasion de se lever 30 fois de la chaise pour s’exercer à la motricité, taper sur les murs avec les mains pour faire de la musique, ou faire des transvasement grâce au pinceau d’un pot à l’autre.

Stimuler oui, surstimuler non

activité influencer

activité influencer

Le stimuler n’est pas forcement jouer avec lui.

…ni le guider en tout. Bien au contraire.

Lui donner la possibilité de découvrir à son rythme, de faire à sa manière, le stimulera tout autant que de jouer constamment à des jeux avec lui. Il fera alors travailler son imaginaire et son esprit logique en expérimentant par lui même

Ce n’est pas à nous de lui apprendre à jouer, c’est lui qui va nous attirer dans son univers!

Le légo devient frite pour la dinette, une boite devient chapeau, un animal en plastique devient un objet de construction et le cube si traditionnel est un jeu infini de possibilité d’apprentissage :

Pourquoi ne roule-t-il pas ? Que fait-il quand je le lance ? est ce qu’il rentre dans toutes les boites ? Le rouge a-t-il meilleur gout que le bleu ?

Alors qu’avec nous, il n’a que la possibilité de faire une tour…qu’il ne saura d’ailleurs spas forcément faire tout seul et le découragera de jouer avec cet objet tout seul.

Il ya tellement de situations à oberserver. Tellement de façon d’apprehender les formes que nous avons oubliées. Lui sait jouer, nous nous avons oublié…

Quand l’enfant nous regarde il demande un soutien visuel et pas forcément une action de notre part. Il se rassure sur le fait qu’il est pris en compte, qu’il est le centre de notre attention. Avant chaque nouvelle expérience, il valide sa sécurité,

Créer un environnement stimulant

Instinctivement, l’enfant sait s’occuper, sa curiosité , sa soif d’apprendre lui offre de multiples occasion de développer ses connaissances et son cerveau

Cependant la confiance en lui est la clé de voûte de son développement, puisque c’est aussi la clé de voûte de sa capacité à expérimenter, à essayer de lui-même et à apprendre de ses chutes, (cf article résilience)

Cependant, si l’enfant n’a pas de nouvelles choses à explorer, pas de nouveaux objets , de nouvelles expériences à vivre dans son quotidien ? Son apprentissage sera limité.

Là est le rôle de l’adulte : lui mettre à disposition des possibilité d’explorer à sa guise et l’encourager dans ses expériences dans un lieu sécurisé.

Auteur : Bénédicte Tricot

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