Propreté: comment accompagner mon enfant ?

Tous les enfants deviendront propres entre 2 et 4 ans (un peu avant ou un peu après, selon les enfants). S'il n'y a pas d’apprentissage à proprement parler pour acquérir la « propreté », il y a bien un accompagnement au quotidien et quelques pistes pour faciliter cette acquisition ...


Comment je sais qu’il est prêt ?

proprete test echelle

Une question de maturité physique et psychique


Avant toute chose, il est essentiel d’écouter et d’observer son enfant. Lui imposer l’acquisition de la propreté est impossible : c’est son corps. Lui apprendre à le respecter commence par le respecter nous-même et donc ne pas lui imposer notre rythme.


La propreté « diurne » (dans la journée) dans la plupart des cas est définitivement acquise à 5 ans. Pour accéder à la propreté, l’enfant doit être prêt physiquement et psychologiquement.


En effet, il doit avoir acquiert le contrôle de ses sphincters mais aussi la sensation dans son corps. Bref, il doit savoir reconnaître quand il a la vessie pleine ou l’envie d’aller à la selle.


Une dernière chose, et pas des moindres : il doit comprendre l’intérêt de la propreté et avoir envie d’enlever la couche… et avoir envie grandir! Or entre 2 et 4 ans, il est en pleine phase d’opposition, et cela complique particulièrement les choses! La réaction des parents devient alors un élément à prendre en compte dans cet apprentissage.


Est il prêt ?


Vous voulez savoir s’il est prêt physiquement ? C’est le plus simple à savoir: s’il est capable de grimper des escaliers sans poser les deux pieds sur la même marche (donc en alternant), alors il est capable de retenir ses selles et saura se préparer à enlever la couche. Mais seul lui peut le décider….la question est donc plutôt « comment savoir s’il est prêt à aborder le sujet ? »


S’il dit souvent les mots « caca », « pipi ». S’il montre sa couche quand il a fait une selle ou qu’il la sent mouillée. Il est gêné par les couches et va vouloir changer cela rapidement. Alors il s’intéresse à la propreté et c’est une très bonne chose car dans ce cas-là, il sera réceptif si vous lui proposez le pot. C’est le bon moment pour se lancer dans cette nouvelle acquisition.


Comment je l’accompagne ?


Laissez-le « apprivoiser » le pot…

proprete maman wc

Lui montrer le pot avant les 18 mois lui permet d’appréhender l’objet et les toilettes. Quand l’adulte explique qu’il va au toilette, il montre que c’est « normal » . Que tout le monde y va. Il aura alors fait connaissance avec l’objet avant la période d’opposition et trouvera d’autant plus normal de l’utiliser lorsqu’il se sentira prêt.


Mais attention, lui présenter l’objet « pot » ou « toilette » ne veut pas dire qu’il s’assoit dessus (sauf s’il le fait de lui-même). Cela lui permet de le voir comme faisant partie de son environnement .


L’y asseoir avant 18 mois est inutile. Cela peut même s’avérer nocif car il risque de vouloir vous faire plaisir et de s’acharner à relever un défi qu’il n’est pas prêt physiquement à remporter…au détriment des autres apprentissages de son âge.


Chaque chose en son temps : pour l’instant, il fait connaissance avec son enveloppe extérieure, ses membres et leur mobilité, les cinq sens et se muscle progressivement…


S’il n’en parle pas du tout, vous pouvez commencer à aborder le sujet vers 2 ans en vous appuyant sur des lectures. Il est bon de garder en tête que l’acquisition est rapide! Une fois que l’enfant est prêt, cela peut se régler en quelques jours et il ne voudra plus entendre parler de couche. Alors inutile donc de s’y prendre trop tôt.


A partir de 2 ans, lui proposer sans insister

proprete proposition pot

Avec le beau temps, profitons-en : le mettre tout nu dehors est effectivement plus pratique et moins salissant pour la maison. L’été est réputé la saison idéale pour cet apprentissage. Il me semble cependant plus pédagogique de le laisser en slip : il aura alors la sensation du « mouillé » et saura quand il n’a pas réagi à temps (Contrairement au pipi dans l’herbe qui ne lui apprendra pas grand-chose). Pour peu qu’il ait mis sa culotte préférée il fera d’autant plus attention à aller régulièrement au pot ou aux toilettes.


Commencer directement par une journée entière pourrait le mettre en échec … Il vaut mieux commencer par une période de temps court (toujours la même, sinon, il ne saura plus si il a la couche ou pas), puis allonger ce temps au fil des jours.


Si ce n’est pas l’été, l’apprentissage se fait aussi! En lui proposant (ne pas l’asseoir de force !!) le pot ou les toilettes fesses nues, une fois par jour après le repas, et en l’y laissant un court instant (5 minutes suffisent en restant près de lui). L’explication peut devenir plus concrète s’il fait quelque chose dans le pot et faire le déclic dans son esprit. S’il ne veut pas s’asseoir, il ne faut pas le forcer, mais lui reproposer régulièrement.


Lui faciliter les choses.. .


Vous lui faciliterez la tâche en veillant à qu’il puisse baisser sa culotte rapidement. Donc pas de salopette ou autre joli vêtement à froufrou impossible à soulever ou à défaire. Pas de ceinture non plus. Il doit pouvoir être autonome …et rapide. Car il va dans les premiers temps attendre le dernier moment pour aller sur le pot ou les toilettes. Encore plus en collectivité ou il devra se laisser son jeu au risque de se le faire prendre entre temps par un copain !

Lui imposer d’aller sur le pot à heures fixes pour éviter les accidents ne lui rend pas vraiment service. Il doit apprendre à ressentir son envie de faire pipi pour apprendre et cela passe par quelques accidents. De plus à trop insister, il pourrait entrer en opposition avec vous et refuser d’y aller pour s’affirmer (vive la période d’opposition !)


En revanche, lui proposer les toilettes régulièrement est une bonne idée. Vous interrompez alors son activité concentrée pour lui faire prendre conscience des besoins de son corps et lui permettre d’y réfléchir. S’il vous dit qu’il n’a pas envie (et ne montre pas de signes particuliers), il continuera à jouer. S’il se tortille sur place, peut-être n’a-t-il pas envie d’arrêter son jeu. Il s’agira alors de le rassurer sur le fait qu’il le retrouvera après.


C’est une grande étape, mais une étape naturelle !


Une fois la couche enlevée, c’est une grande étape, mais une étape naturelle ! Il ne s’agit donc pas d’en faire tout un plat… Ce n’est pas un cadeau qu’il fait à l’adulte, mais bien un progrès qu’il acquiert de lui-même.


Pour ma part, quand je félicite un enfant sur son apprentissage, je mets des mots sur sa fierté à lui et non sur la mienne. Il apprend pour lui et il est important qu’il continue dans ce sens… « tu peux être fier de toi ! Bravo ! »


S’il y a souvent « des accidents »

proprete accident

Il arrive qu’il régresse selon les évènements de la famille ou de la vie : partir en vacances fait partie des moments qui peuvent compliquer l’apprentissage ou faire revenir un peu en arrière car il perd alors tous ses repères.


Rien de grave, les accidents arrivent. Le tout est d’en parler sereinement avec lui et de dédramatiser. Il peut se déshabiller tout seul, essuyer le sol, participer au ménage pour lui laisser un rôle de « grand » malgré l’accident.


En début d’apprentissage, mieux vaut prévoir des changes en plus que de le gronder et de lui faire remettre la couche. Il se sentirait en échec et cela retarderait encore plus son apprentissage. A chaque « accident », il apprend un peu plus sur ses sensations et ce qu’il doit éviter. Faites-lui confiance.


Si jamais, il ne sent plus capable ou n’a plus envie, peut-être vous demandera-t-il lui-même de revenir à la couche. Le simple fait d’accepter lui montrera que lui seul est décideur…et il l’enlèvera probablement de lui-même rapidement.


Il pleure quand il voit ses selles partir dans les toilettes.

proprete peur des selles

Ayant pris conscience que ses selles sortent de son corps, il peut croire que ce sont des parties de lui qui tombent dans les toilettes. Il y a de quoi avoir peur !! C’est pour cela qu’il n’est pas rare que l’enfant fasse pipi aux toilettes mais refuse d’y faire ses selles. L’angoisse est réelle, il s’agit de la respecter et de l’aider à cheminer.


Pour l’aider à passer le cap, il y a bien sûr la communication : lui montrer que les animaux aussi font caca, que tout le monde y va. Lui faire remarquer comme il se sent mieux après. Les jeux de transvasement seront d’une aide précieuse. Il verra que le contenu sort sans pour autant faire disparaître les contenants. Petit à petit il comprendra que lui-même reste entier quand il fait ses selles .


Une étape intermédiaire pour éviter la constipation est de lui proposer une couche pour faire la selle. En la voyant dans la couche (et la jetant à la poubelle), il acceptera petit à petit de retirer cette étape.

Chaque enfant est différent, il faut écouter ses craintes, parler sans tabou de cet apprentissage et trouver avec lui des solutions qui lui conviennent.


La nuit, plus de contrôle !

proprete de nuit

Comment savoir s’il est prêt pour la nuit complète ? Le meilleur indicateur est la couche sèche au lever. Mais pour enlever la couche, il doit être d’accord, sinon cela pourrait perturber son sommeil car il aurait peur de faire pipi au lit. L’idéal est qu’il dise lui-même si la couche est sèche ou pas quand il l’enlève le matin… et d’éviter de la jeter d’un geste automatique.


La propreté nocturne vient souvent après la propreté diurne. Il est utile de lui faciliter les choses. Mettre en place un rituel de coucher incluant le passage au toilette juste avant le dodo pour éviter l’envie d’uriner la nuit sera idéal. De même que la mise en place d’une veilleuse ou la lampe de poche à proximité du lit peut lui permettre d’aller aux toilettes ou au pot tout seul et lui donner une autonomie dont il est très demandeur.


S’il est prêt et qu’il ne veut pas être propre après 3 ans.

proprete tardive choix

A partir de 18 mois- 2 ans, les petits n’aiment pas beaucoup les ordres directs. (ils sont en opposition, rappelez-vous !) En lui proposant des choix vous sortirez de nombreuses impasses. Deux possibilités simples à comprendre renforceront sa confiance en lui et l’amèneront à réfléchir. Attention, à cet âge, au-delà de deux, le choix devient difficile et angoissant pour lui.


En sachant cela, lui laisser le choix peut débloquer la situation si à trois ans il ne veut toujours entendre parler de propreté. Par exemple, s’il veut particulièrement faire quelque chose pour les grands ( un manège, un jouet, un film…), vous pouvez alors utiliser ce levier pour le motiver.


Soulever le fait qu’il pourra le faire lorsqu’il n’aura plus de couche, car il sera alors un « grand ». Cela peut l’aider à vouloir grandir, surtout si jusque-là « être grand » était synonyme d’école et qu’il ne voulait pas forcément y aller.


Si cela ne fonctionne pas, le fait de lui faire rencontrer un professionnel peut aussi débloquer la situation (pédopsychiatre par exemple) .


Auteur : Bénédicte Tricot

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