Pourquoi l’enfant dit non à tout ? Une phase d’opposition incontournable…

Pourquoi l’enfant dit non à tout vers 2 ans ? A quels besoins cela répond-il? Comment réagir? Combien de temps avant de revenir à un dialogue plus serein?

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Le non des parents

Dans les premiers mois de la vie de l’enfant, le non est quasiment absent du dialogue avec l’enfant.

Avant 6 mois, le rapport enfant-parent est surtout lié aux soins.

Changer, donner le biberon, créer le lien d’attachement avec les sourires et les interactions. Il n’y a pas d’interdit et peu de raison qu’il y en ait. D’ailleurs les fameux 100 premiers jours de l’enfant sont les jours où il est roi…c’est dire si le non n’est pas présent.

Vers 6 mois, l’enfant s’assoit et commence à s’essayer à la « pince » avec ses doigts.

Tous les objets y passent et la vigilance commence pour les parents. Le non apparait dès lors que des objets à risque l’entourent. C’est le moment où bizarrement, tous les bibelots et magazines montent d‘une ou deux étagères dans le salon…la déco s’adapte au bout de chou, histoire de réduire les fameux « non » et de le laisser explorer sans risque . Les prises électriques sont protégées, les escaliers et les portes aussi… votre maison est désormais la maison de votre enfant.

Vers 12 mois, il marche !

Ne paniquez pas si ce n’est pas le cas, nous parlons bien sûr d’une moyenne. A chacun son rythme : mes jumeaux ont marché vers 18 mois et ils se sont bien rattrapés en courant partout par la suite !

Avec la marche, l’espace d’exploration s’élargit dans la maison et au dehors. Il commence à s’éloigner de vous et rompt cette bulle familiale qui était si rassurante (pour lui et aussi pour nous).

Le non est alors prononcé à tout va par l’adulte pour des raisons plus ou moins compréhensibles pour le jeune enfant. A travers ces interdits, nous inculquons la culture du pays, le protégeons à travers le filtre de nos propres craintes dues à notre vécu ou au modèle éducatif que nous souhaitons appliquer.

Du coup, le non des uns ne sera pas forcément le non des autres, ce qui amène une difficulté de compréhension pour l’enfant qui aime les limites claires (c’est oui ou c’est non ?). Qu’à cela ne tienne, il va tester l’action jusqu’à ce qu’il le comprenne…bon courage!

Le non des enfants : opposition ou différenciation ?

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L’enfant n’a pas la capacité de se projeter dans le futur avant 5 ans, il ne peut donc pas anticiper le ressenti que nous allons avoir devant son 100ième NON consécutif et ne fait pas exprès de nous contrarier. Il vit dans le présent, il dit non à ce qu’il ressent, non à la limite, non à …tout !

Mais pourquoi ce non ?

Parce que maintenant qu’il n’est plus collé à vous, il veut savoir qui il est ! Quel impact il a sur le monde. Il a bien vu le pouvoir du non lorsque vous l’utilisiez, il veut savoir si ça marche aussi pour lui.

Là où vous dites oui, il dit non. Ce n’est pas de l’opposition, c’est de la différenciation !

Il est différent de vous, il ne peut donc pas accepter de faire comme vous s’il veut vous le montrer. C’est pourquoi, pour sortir de cette impasse du non, le choix entre deux choses marche si bien : il a la possibilité de raisonner, et de changer ce que vous vouliez au départ. Du coup lui aussi a le pouvoir, même si la proposition vient en partie de vous.

Attention car proposer plus de 2 choix est anxiogène pour lui : choisir entre 3 couleurs ou choisir « une » couleur parmi toutes les couleurs existante , lui est difficile compte tenu de l’immaturité de son cerveau. « Choisir c’est renoncer » il va donc renoncer à plus de choses si le choix est multiplié…quelle frustration pour lui! Il va d’ailleurs souvent choisir puis changer d’avis la seconde d’après, et recommencer dans la foulée. Peu importe, le tout est de respecter son choix sur ces petites choses sans grande importance pour sa survie, mais tellement essentielle pour la votre (vos nerfs vous remercieront…)

Le non n’est pas forcément une période qui dure.

Cela dépend énormément de la force de caractère de l’enfant (dites vous que les chiens ne font pas des chats ! Il n’est pas rare que des parents têtus aient des enfants têtus 😉). Plus vite il comprendra l’impact qu’il a sur le monde qui l’entoure plus vite il passera à autre chose ! Il va donc multiplier les mêmes actions amenant un non (ce qui a tendance à nous mettre sur les nerfs ) jusqu’à changer de challenge et attaquer une autre action amenant un nouveau non.

Si l’éducation est très sévère

Cela signifie alors que l’enfant aura un non devant chaque action qu’il entreprendra si son geste ne correspond pas à ce que vous souhaitez (pour différentes raisons). La raison première étant souvent la pensée profonde que l’adulte commande et l’enfant obéit.

Plus l’enfant sera décidé à faire valoir sa différence, plus il se révoltera . Ceci dit, effectivement, il finira par arrêter de dire non, mais ce sera au détriment de sa propre personnalité car cela signifie alors qu’il accepter de faire « comme vous ». Il baisse les bras pour se construire. Pas top ! Surtout que la période du non revient à l’adolescence…vous aurez gagné une bataille, mais la rébellion future risque d’être très dure.

A l’inverse si le non n’est jamais présent,

Avec beaucoup de oui et de liberté, l’enfant risque de se sentir noyé dans un espace trop grand ! Cela peut l’insécuriser et l’amener à ne pas vous lâcher. Souvent cette liberté va de pair avec beaucoup de dialogue et d’explications. Cependant, à travers ce dialogue, l’enfant s’appuie sur vous pour explorer…et n’est donc pas autonome dans sa découverte du monde. Puisque l’espace est grand, autant avoir maman ou papa près de soi et l’explorer avec eux!

Le caractère de l’enfant sera au choix soit très agité s’il s’est éloigné de vous ( il attire votre attention et se sécurisé par votre regard ), soit il sera à coté de vous assez angoissé devant l’espace qui l’entoure, avide de découvrir le monde de façon plus sécurisé (livres, dialogues, avec vous, etc.) souvent timide et réservé.

Vers un même objectif

Que ce soit le non des parents ou le non de l’enfant, le non est là pour sécuriser, pour rassurer et pour affirmer le territoire des uns ou des autres. Lors de cette période difficile, il est important de se dire que c’est une période indispensable à la construction du moi de l’enfant et que cela contribue à son épanouissement futur.

Le non de l’enfant avant 3 ans apprend à l’enfant les bases de sa future vie d’adulte tant sur la sécurité, que sur les codes sociaux et les valeurs (familiales et culturelles) . En effet il teste et apprend à respecter tout cela petit à petit …ou pas ! Ce sont d’ailleurs ces mêmes valeurs qui seront mises à mal à la grande adolescence, période où l’enfant est de nouveau dans la différenciation , avec plus de mots et de force (les portes claquent et le ton monte!) . Quelque soit l’adolescence, petite ou grande, la compréhension des enjeux est une aide précieuse pour soutenir cette période avec patience et bienveillance!

En respectant le besoin d’expérimentation avec la mise en place de limites fixes autour de l’enfant, il construit petit à petit sa confiance en lui, apprend de ses essais et de ses chutes. Il se relève et repart de plus belle vers d’autres aventures encore plus épanouissantes encore. En ayant appris les codes de la société qui l’entourent, il pourra s’adapter à celle-ci et s’intégrer. Les codes préparent petit à petit à la vie en collectivité et aux rapports humains. Car n’oublions pas, l’homme est un être social !

Bénédicte Tricot

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