top of page

Fêtes en crèche : le travail social en action

  • Photo du rédacteur: Bénédicte Tricot
    Bénédicte Tricot
  • 11 déc. 2025
  • 4 min de lecture

bébé de noel qui rit

Merci à celles et ceux qui gardent le cap, décorent la crèche, inventent des surprises de Noël et accueillent les enfants comme si de rien n’était… alors que tout manque autour. Si vous aussi vous vous demandez comment on en est arrivé là — et surtout comment continuer à faire bien avec si peu —, cet article est pour vous.



En cette fin d’année, dans beaucoup de crèches, les guirlandes sont installées, les ateliers bricolage battent leur plein et les comptines de Noël résonnent entre deux transmissions du soir. Un exploit du quotidien. Oui, les conditions sont parfois difficiles, mais ce qu’on voit, c’est avant tout de la constance, du lien, et un engagement impressionnant. Et ça, ça mérite d’être reconnu!


La tension dans le travail social, en France comme ailleurs


Crèches, foyers de l’enfance, services sociaux, IME, ALAE... partout, les structures ont du mal à recruter.

Et ce n’est pas propre à la France : la pénurie de professionnel·le·s touche aussi les pays voisins. En Allemagne, en Belgique, en Italie, les besoins sont criants dans la petite enfance comme dans le travail social au sens large. La solidarité, apparemment, a du mal à se vendre, même quand elle est essentielle.

Les raisons sont connues : conditions de travail exigeantes, charge mentale élevée, fortes responsabilités, reconnaissance encore limitée. Et pourtant, malgré cela, chaque jour, les professionnel·le·s continuent de tenir la barre. Non pas « par vocation » — ce mot-là est un peu trop pratique — mais parce qu’ils et elles savent que leur rôle compte. Pour les enfants, pour les familles, pour la société.


Des efforts politiques réels, même s’ils ne font pas tout


On entend souvent : « Rien n’est fait pour améliorer les choses ». Ce n’est pas tout à fait vrai. Ces dernières années, plusieurs mesures ont été mises en place pour soutenir les métiers du social et de la petite enfance :

  • l’augmentation du nombre de places en formation,

  • l’élargissement de l’accès aux diplômes 

  • des aides à la VAE,

  • des programmes d’analyse de la pratique désormais obligatoires dans les crèches.


Est-ce suffisant ? Non. Est-ce inutile ? Pas du tout. 

Ces idées — plus ou moins bienvenues selon les contextes — ont au moins le mérite d’essayer de faire bouger les lignes. Elles témoignent d’un souhait de renforcer les équipes, d’accompagner les professionnel·le·s autrement, et de rendre le secteur plus attractif.


Ce qu’on voit sur le terrain, cependant, c’est que ces mesures privilégient parfois le nombre au détriment des compétences spécifiques. Le raccourcissement ou la déspécialisation de certaines formations inquiète. Il ne s’agit pas seulement d’avoir du monde dans les structures, mais de permettre à chacun·e d'être prêt·e à accompagner les enfants et les familles . D'apporter de réelles compétences pour soutenir (et rebooster) les équipes déjà en place.


Au-delà des difficultés, des métiers passionnants


À écouter les discours, on pourrait croire que personne ne veut plus faire ce métier. Et pourtant… chaque année, de nouvelles personnes s’inscrivent en formation. D’autres, déjà diplômées, y restent. Pourquoi ?


Parce que ces métiers ont du sens. Parce qu’ils font grandir, dans tous les sens du terme. Accompagner un tout-petit dans ses découvertes, observer une famille retrouver ses forces, soutenir une équipe dans ses ajustements, ce sont des gestes puissants. Humains. Quotidiens.


Et si le travail est exigeant, il est aussi enrichissant. Travailler avec les enfants, c’est rester connecté·e à l’instant présent. C’est rire tous les jours (parfois en cachette), c’est apprendre à dire peu mais à dire juste, c’est affiner son regard et redécouvrir sans cesse la complexité du développement humain.

Dans une société où tout s’accélère, où les métiers sont souvent déconnectés du vivant, ces professions-là reconnectent. À la réalité. À l’émotion. À l’autre.


Ce que cela raconte de notre société


Il n’y a pas que la petite enfance. Les EHPAD, les hôpitaux, l’aide sociale à l’enfance, les métiers du lien et du soin en général connaissent les mêmes tensions. Et pourtant, ils sont essentiels.

Ce paradoxe — entre l’utilité évidente d’un métier et la difficulté à le rendre attractif — en dit long. Il nous invite à repenser nos priorités collectives. Mais aussi, à reconnaître dès maintenant, très concrètement, la valeur de ceux et celles qui tiennent les métiers du social à bout de bras… et de cœur.


L’équilibre pro/perso : une tension constante


On demande beaucoup aux professionnel·le·s du social : implication émotionnelle, régulation relationnelle, ajustement permanent. Mais derrière la professionnelle qui accueille, il y a une personne. Avec ses émotions, ses enfants, son rythme, ses soirs de fatigue.


Ce décalage entre l’énergie investie et la reconnaissance reçue (qu’elle soit financière, symbolique ou institutionnelle) finit par peser. Il explique aussi, en partie, les difficultés de fidélisation.

C’est d’autant plus vrai dans certains territoires où les salaires sont plus faibles, les trajets plus longs, les soutiens plus rares. Les équipes s’y accrochent, mais parfois à bout de bras.


Des fêtes pleines d’élan


Et malgré tout ça ? Il y a les bricolages de Noël, les goûters partagés, les histoires racontées avec des guirlandes sur la tête. Il y a les enfants qui chantent à tue-tête, les parents émus, les collègues qui improvisent une déco avec trois bouts de papier et un peu de coton.

Il y a ce petit miracle professionnel qu’on appelle la présence. Être là, vraiment, pour les enfants et leurs familles, même quand les conditions ne sont pas idéales. Jongler entre festivité et cadre, entre bonne humeur et posture professionnelle, avec une agilité que peu de métiers demandent à ce point.

Il faut le dire — sans solennité, mais avec sincérité : les professionnelles de crèche sont admirables. Et ce n’est pas Noël qui le révèle, c’est chaque journée de l’année. Noël, simplement, vient le rappeler à tous.



Et en cette fin d’année, c'est le bon moment pour dire MERCI et BRAVO à tous et toutes et joyeuses fêtes de fin d'année!

Commentaires


bottom of page