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Mieux comprendre les émotions pour plus de sens ...et de patience!

  • Photo du rédacteur: Bénédicte Tricot
    Bénédicte Tricot
  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

bébé qui pleure

Les émotions des enfants arrivent comme elles viennent : fortes, soudaines et parfois déstabilisantes. Les comprendre, c’est changer de posture : passer du réflexe de crise à une action éducative plus solide et plus confiante. Cette stabilité devient un vrai repère pour l’enfant et donne du sens aux pratiques des équipes. Le projet éducatif sert alors de fil conducteur, au-delà des émotions de chacune. Et si, au fond, tout cela permettait surtout de retrouver patience, cohérence… et le plaisir de transmettre les valeurs éducatives de la structure ?



Dans le quotidien des structures d’accueil, les émotions des enfants arrivent sans prévenir. Elles sont souvent intenses, parfois déroutantes, toujours exigeantes. Devant une colère, une peur ou une frustration, l’objectif immédiat est souvent de “faire redescendre” l’enfant pour pouvoir continuer le déroulement de la journée. Cette gestion à court terme est nécessaire… mais elle ne peut pas être le seul horizon.

Comprendre la mécanique émotionnelle de l’enfant permet de sortir de la réaction instinctive (dictée par nos propres émotions) pour s’inscrire dans une posture professionnelle plus stable, ancrée dans le temps long de son développement.


Du réflexe émotionnel à la posture professionnelle


Lorsqu’une professionnelle sait ce qui se passe dans le cerveau d’un enfant en situation de débordement émotionnel, sa réponse change. Elle comprend que ces réactions sont des réflexes neurologiques, et non des comportements “contre” elle. L’enfant réagit à un déclencheur, active sa mémoire émotionnelle, et son cortex n’est pas encore capable de traiter calmement la situation.


Cette connaissance concrète permet de prendre du recul au lieu d’absorber l’émotion. Elle transforme une situation perçue comme une opposition ou une crise en une interaction éducative. L’adulte n’est plus en réaction, mais en position d’appui stable pour aider l’enfant à traverser cette expérience. Cela change la dynamique : moins de tension, moins de lutte de pouvoir, et surtout une relation plus sécurisante.

Cette posture stable a un impact direct sur le climat émotionnel de la crèche : les enfants savent à quoi s’attendre, les adultes se sentent moins déstabilisés, et la journée gagne en fluidité.


La stabilité éducative comme repère structurant


Un enfant ne vit pas les mêmes émotions ni les mêmes déclencheurs à l’intérieur et à l’extérieur de la crèche. Le monde extérieur est plus imprévisible, moins cadré. Mais la stabilité émotionnelle vécue en crèche devient un repère intérieur qu’il mobilisera ailleurs.

Comme l’a expliqué Jean Piaget, l’enfant assimile ce qu’il vit dans un contexte stable et sécurisant, puis accommode ses apprentissages dans d’autres environnements. En d’autres termes, l’expérience émotionnelle répétée dans un cadre fiable lui donne les outils pour mieux s’adapter face à de nouvelles situations. Ce n’est pas un “dressage” émotionnel, mais un apprentissage profond.


Des pratiques alignées sur le projet éducatif


Le fil conducteur n’est pas une “culture émotionnelle commune” (qui ne peut exister de manière identique d’une professionnelle à l’autre), mais bien le projet éducatif de la structure. Ce projet donne un cap collectif et permet de définir des repères partagés, même dans des pratiques différentes.

Travailler sur les émotions, c’est donc aussi inscrire les réponses professionnelles dans une cohérence globale, au service de la sécurité affective des enfants. Cela évite les réponses dispersées, les malentendus et les stratégies d’évitement individuelles, et donne du sens à l’action collective.


Mieux comprendre les émotions pour une vision éducative à long terme


L’éducation d’un enfant ne se limite pas à des apprentissages formels. Elle passe largement par la manière dont les adultes accueillent, accompagnent et nomment ses émotions au quotidien. À court terme, cela aide à traverser une crise. À long terme, cela construit des repères internes solides qui lui serviront tout au long de sa vie.

En comprenant les émotions, les professionnelles renforcent leur patience et leur stabilité. Elles ne subissent plus l’intensité émotionnelle : elles la replacent dans une trajectoire éducative globale, où chaque interaction compte.



Cet article est inspiré de la formation « Comprendre les émotions pour mieux accompagner l’enfant » proposée par Cogivia. Une journée pour relier connaissances neuro-développementales, pratiques de terrain et projet éducatif, afin de renforcer la stabilité et le sens des réponses professionnelles.


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